13.01.2009

l'impossible

L’impossible

 

 

 

 

 


Le temps s’écoule

Inexorablement,

Et la vie passe,

Restent les souvenirs.

Souvenirs agréables,

Bien souvent douloureux,

Qui vous brisent le cœur

Et vous torturent l’âme.

Des lambeaux de la vie

Qu’on voudrait oublier,

S’accrochent et se tapissent

Au creux de la mémoire,

Revenir en arrière,

Pouvoir tout effacer,

Oublier le passé,

Et tout recommencer.

Nouvelle et différente

Reconstruire sa vie.

Quel espoir insensé !

Inscrite quelque part

Est notre destinée.

Satisfaits et heureux,

Souvent désabusés

Nous devons la subir.

On ne peut rien changer.

Et c’est là l’impossible.

 


André LORITANO

 

18:40 Publié dans poemes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : c, p, v

Le long de la Valmasque

Le long de la Valmaque


Nous quittons le plateau

Et les bruits de la ville.

Nous entrons dans les bois

A l’ombre des grands arbres,

La fraicheur nous surprend.

On entend le silence.

C’est calme et reposant

Nous passons le vieux pont

A l’arche de pierres moussues

A demi écroulée

L’aire sent le mimosa

La résine des pins

Et thym surchauffé.

Nous suivons un sentier

Qui nous conduira où ?

Pourquoi cette question,

On verra le bout.

Alors nous marchons

Tranquilles, détendues,

Echangeant nos pensées.

Cancer toutes les deux,

Pas besoins de parler.

Nous aimons la nature

En communion parfaite

Nous savons apprécier

Le silence des bois,

Le murmure d’une eau vive,

La beauté primitive

Des arbres centenaires

Derrière d’épais taillis

Là-bas, en contre-bas

Aux rochers de ses berges

Doucement la Valmasque

Murmure la chanson

De son lointain passé.

Et cette chanson là,

Venue du fond des âges

Qu’elle soit proche ou lointaine,

Je l’écoute ravie.

Elle remplit mon cœur,

Semble laver mon âme,

Et je me sens légère.

Comme musique de fond

La voix de la rivière

Accompagne nos pas

Mais le sentier s’arrête

Il nous faut retourner

Une douce lassitude

Un bienêtre inconnu,

Nous avons fait le plein

De soleil et d’air pur.

De la vie quotidienne

Monotone à souhait

Oubliés les soucis,

Oubliés les tracas,

Sur un fond de regret

Sereines, détendues,

Nous regagnons la ville

Prête à recommencer


Et le printemps est là

Et le printemps est là


Un ciel gris, ce matin

S’égoutte sur Antibes.

La pluie tombe drue

Lave les orangers

Détrempe le jardin

Les chantiers sont muets,

Les trottoirs désertés,

La grande place aussi.

Et triste sont les commerces,

Délaissés les étals,

Seuls, les pneus des autos

Chuintent sur la chaussée.

La ville semble engourdie,

Et les rues sont paisibles.
Capuchons rabattus

Ou parapluies ouverts,

Quelques rares passants

Se hâtent.
S’ils ont eu le courage

De sortir de chez eux,

Nécessité oblige !

Le silence sur la ville

Quelques fois est troublé

Par le coup de klaxon

D’un rare impatienté

Il y a cependant,

Au-dessus des maisons,

Le ballet incessant

Des criardes mouettes

Qui se moquent du temps.

Si le ciel pleure sur toi,

Premier jour du printemps,

La pluie n’est pas méchante,

L’air s’est fait plus doux.

Et ces dernières larmes

Deviendront souvenir

Les arbres ont bourgeonné

Les jardins refleurissent,

Tu t’installes déjà,

C’est la mort de l’hiver.

Andrée LORITANO